

« Ce champ n’est à personne. Je ne veux pas de ce champ; je veux vivre avec ce champ et que ce champ vive avec moi, qu’il jouisse sous le vent et le soleil et la pluie, et que nous soyons en accord. Voilà la grande libération païenne. »
Jean GIONO

RENOUER AVEC LE VIVANT
Là où les sociétés traditionnelles excellaient dans tous les gestes de la subsistance, nous avons perdu ce lien avec la cueillette des plantes que nous mangions ou que nous conservions précieusement de saison en saison. Nous en avons même perdu la connaissance car aujourd’hui, nous sommes totalement déconnecté⸱es de la nature et de nos sources alimentaires. Même dans l’assouvissement de notre besoin le plus basique, nous ne mangeons plus, nous consommons.
Je nous souhaite de nous réapproprier cette connaissance, de nous reconnecter au monde vivant et de nous réensauvager, pour mieux vivre sur cette terre.
Juriste aujourd’hui devenue paysanne engagée, mon travail s’articule autour de cette idée de la subsistance. Si nous, agriculteurs et agricultrices ne produisons pas notre propre alimentation, qui le fera? Qui nous nourrira?
Uyen, Born to Be Wild
Born to Be Wild s’intègre au coeur du domaine viticole Combrillac, en agriculture biologique et permaculturelle. C’est un espace que nous avons conçu comme un véritable lieu de vie, où se mêlent paysannerie, subsistance, passion, réflexions et respect de la nature. Chaque arbre planté témoigne d’une démarche, chaque vin raconte une histoire, chaque action incarne une philosophie, profondément ancrée dans l’engagement pour la préservation du vivant.
Aujourd’hui, notre tandem vigneron⸱ne se concrétise dans les actions que nous mettons en œuvre ensemble, conjointement, pour lier nos deux activités d’artisan-vigneron et de paysanne-cueilleuse dans une globalité vivante pour contribuer aux réflexions sur les modèles agricoles et viticoles de DEMAIN.
La préservation de la biodiversité et de la diversité variétale, dans une dynamique de diversification en réponse à la monoculture de la vigne, est au cœur de nos préoccupations depuis notre installation à temps plein en 2018.


Anciennement conseillère juridique en droit de l’environnement, Uyen a décidé de se tourner vers l’agriculture afin d’aligner sa carrière professionnelle avec ces valeurs écologiques. Aujourd’hui vigneronne, elle pratique la permaculture, en intégrant 500 arbres fruitiers, des variétés anciennes de blé, du houblon, des plantes médicinales et sauvages, de l’élevage (porcs, moutons, chèvres), du maraichage sans travail de sol ni irrigation, des cépages oubliés et des cépages résistants, ainsi que des techniques de vitiforesterie sur le vignoble de Combrillac. Cette approche vise à renforcer la biodiversité, la diversité variétale et la résilience face aux défis climatiques.
Dans une autre vie, Uyen était conseillère juridique spécialisée sur les questions de lutte contre les discriminations dans un premier temps et ensuite sur les règlementations liées à la biodiversité et la protection de la nature à Bruxelles. Après 10 ans de carrière, elle réalise que rédiger des textes de loi pour mettre la nature sous cloche ne sert pas à grand chose, que les résultats tangibles étaient trop incertains et lointains. Elle a donc voulu partir vers la terre. Sortir d’un système. Faire. Renaître. Changer à sa façon.
En 2018, après une année passée à se former auprès de producteur⸱ice⸱s, Uyen s’installe en tant que paysanne – cueilleuse de plantes aromatiques et médicinales à Combrillac, sur le vignoble de Florent. En 2021, elle devient vigneronne après avoir suivi un cursus de viti-oeno.
Avec Florent, nous avons voulu habiter un pays, faire vivre ce pays, être tenue par ce pays pour s’enraciner. Devenir paysan et paysannene, c’est aussi sa meilleure façon de faire de la politique, de façonner une vie plus cohérente avec ses valeurs et de recréer du lien à soi, avec les autres et avec la nature.
Ce sont également ces postures qu’Uyen souhaite transmettre, par ses produits, ses ateliers et ses animations autour de la cuisine sauvage et des fermentations. Il n’existe pas une seule culture, une seule civilisation, un seul pays ne disposant pas d’un aliment fermenté dans son histoire. En cela, la fermentation nous lie à l’humanité entière, passée et présente. En nous reconnectant à la nature, en prenant conscience de sa richesse et de sa nécessité, elle espère que cela permettra aux grand.e.s comme aux petit.e.s de prendre conscience de l’urgence de la préserver, tout en s’engageant d’une manière renouvelée dans nos rapports aux autres vivants, visibles et invisibles.

Fervente défendeure de la fermentation naturelle en tant que pratique culturelle, politique et écologique, Uyen explore dans son ouvrage « Fermentation Rébellion » (Editions des Equateurs) la fermentation non seulement comme une technique culinaire, mais aussi comme une forme de résistance aux systèmes alimentaires industriels et à l’agriculture intensive. Elle souligne l’importance de l’invisible tant pour le microbiote des sols que pour la conservation des aliments, en mettant en avant leur rôle dans l’agriculture durable et le bien-être humain, ainsi que comme moyen de renouer avec l’ensemble des écosystèmes vivants.
« Vous allez voir qu’elle est absolument passionnante ! J’ai eu un vrai coup de cœur pour son essai qui fait le point de manière très didactique, mais aussi philosophique, sur la fermentation que vous pratiquez au quotidien comme une espèce d’hygiène de vie. » François-Régis Gaudry, On va Déguster, France Inter, octobre 2024
« La fermentation, c’est une pratique et une philosophe de vie pour Thien Uyen Do. C’est un acte réellement politique. C’est aussi un éloge de la diversité face à la standardisation du monde. Il faut absolument lire ce livre ! » Caroline Broué, Les Bonnes Choses, France Culture, février 2025
« Une fermentation définitivement joyeuse ! Je recommande vivement la lecture de ce livre que j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé, qu’on aime garder près de soi pour s’y replonger, apprendre, fermenter, construire, se renouveler comme un petit guide. » Clémence Denavit, Le Goût du Monde, RFI, mai 2025
« Fermentation Rébellion invite à une transformation profonde de notre rapport à la nature et à la société, en valorisant des pratiques ancestrales porteuses de sens et de résilience. Un essai qui interpelle et inspire, en ces temps de questionnements écologiques et sociétaux. » Actualitté, novembre 2024
« Dans Fermentation rébellion, elle nous donne à lire un petit précis qui résonne d’une formidable énergie. Ultra-rigoureux, méticuleux et curieux, il plaide pour une cause qu’on ne peut que défendre. C’est intriguant, sensible et technique tout à la fois. Lumineux, aussi. Simple et grisant, plus que tout. Mais c’est un texte essentiel. Politiquement, j’entends. Un pas de côté qui remet l’église au milieu du village, et transforme un procédé millénaire en enjeu éthique et écologique. » Mes Petites Chroniques, novembre 2024
« Ce qui est formidable dans cet ouvrage « Fermentation Rébellion », ce ne sont pas seulement les recettes, mais le propos, beaucoup plus large, et même de l’ordre de la philosophie ! La fermentation nous lie à l’humanité entière, passée et présente. C’est une magnifique métaphore de nos existences ! » Sophie Moens, Bientôt à Table, RTBF-La Première, novembre 2024
« Il s’agit d’un manifeste, d’une plaidoirie pour se reconnecter avec le vivant, dans notre assiette et pas seulement, parce que la fermentation englobe toute une manière de penser, tout un mode de vie. Thien Uyen, qui s’y connaît en fermentation puisqu’elle est vigneronne et la pratique donc, nous rappelle d’abord que cette technique de préservation est partout dans notre alimentation, et partout dans le monde, rien que le pain, le fromage et le vin, on a résumé la gastronomie française. (…) Et surtout son message est politique. » Marie-Claire Frédéric, Ni Cru Ni Cuit, octobre 2024
« Dans un monde où l’on cherche des solutions à la crise environnementale, la fermentation offre une voie inspirante. Elle réconcilie tradition et modernité, tout en nous reconnectant à l’essentiel : la terre, le temps, et le goût ». Martin Boonen, L’Eventail, décembre 2024
« Un éloge sensible gourmand et rebelle de la fermentation. » Benoît Lasserre, Sud-Ouest, décembre 2024